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Dessiner les Sixties avec Simon Van Liemt

La dernière journée du Cabaret Vert voit une foule familiale arriver en masse dès 14h et envahir tous les espaces du Festival. Sous un soleil implacable. Les places pour se reposer à l’ombre entre deux activités étaient très prisées. Et nombreux étaient les courageux qui faisaient la queue pour avoir des dédicaces, dans l’espace BD ou devant. Profitons-en pour partager dans cet article notre rencontre avec Simon Van Liemt (Les nouvelles enquêtes de Ric Hochet).

Pour Simon Van Liemt, qui dessine Les nouvelles enquêtes de Ric Hochet sur scénario de Benoît Zidrou depuis 6 albums, le choix d’avoir fixé ces histoires dans les sixties n’est pas innocent : « Le regard qu'on a aujourd'hui sur la situation des années 60 permet d'avoir un avis éclairé sur toute cette période ; et aussi sur nous-mêmes aujourd'hui puisque finalement les choses n'ont pas beaucoup évolué. »

Les sujets et leur traitement sont définis par son scénariste. « Je laisse vraiment Zidrou libre d'écrire ce qui le porte. Parce que le point de vue de Benoît est plutôt universel, je peux m'aligner sur son discours. Il n’y a pas non plus une prise de position radicale. Je pense que le personnage de Nadine incarne la jeunesse qui s'émancipe et vit, par rapport aux valeurs plus classiques du personnage de Ric Hochet. Le commissaire Griot (tome 5) était surtout un prétexte pour mettre les personnages dans une situation qu’ils ne connaissent pas et voir ce que ça provoque. Le fait est qu'il y a un discours anti-raciste, mais je ne pense pas que ce soit fondamental dans l’histoire. Le but est de proposer quelque chose de divertissant et de relativement léger.

Je pense que comme beaucoup de scénaristes, Benoît est content de pouvoir placer quelques idées. L'objectif est d’être ludique. Et tant mieux si ça peut être fait à travers un discours un peu plus fin. C'est le contexte des années 60 qui fait qu’on peut proposer ça. Ric Hochet est un personnage qui a évolué au fil du temps et qui restait toujours dans son époque. C'est marrant d'imaginer qu’en le faisant revenir en arrière, on peut finalement avoir un point de regard plus intéressant sur la femme, sur le contexte, la politique de l'époque et donc sur nous-mêmes. »

Simon Van Liemt ajoute que graphiquement, c'est un vrai plaisir de dessiner cette période. « Au niveau du design en général, les années 60 sont très agréables. Toutes les voitures sont vraiment très singulières, les objets sont encore dans des matières un peu brutes, même si on n’est plus dans les années 50. C'est l'ère du plastique aussi, c’est vrai ! En tout cas, c'est une ère de design qui est très forte donc ça, c'est très agréable. Après il y a tout le travail de recherche et de documentation qui peut être un peu laborieux, évidemment, sur une série comme ça. D’autant plus que graphiquement, c'est très exigeant. Ric Hochet, ce n'est pas vraiment la ligne claire, mais un style très classique qui demande un résultat final très propre. »

Les Nouvelles Enquêtes de Ric Hochet, Tome 5

Les Nouvelles Enquêtes de Ric Hochet, Tome 5
© Van Liemt, Zidrou - Le Lombard

Simon Van Liemt travaille tout le temps en musique : « Sur la mise en scène non, au storyboard, non plus : j’essaie de me concentrer jusqu'à ce que j'aie une forme qui me convienne là. Mais après, je peux me permettre d’en écouter ! »

Quant au type de musique qu’il écoute en travaillant : « J'écoute essentiellement de la musique que j'appellerais post-punk. Ça veut dire soit des groupes anglais assez sombres des années entre 78 et 83, soit des trucs américains de la même époque. Toute la tendance New Wave, new-yorkaise, etc. » Même pour l'encrage, mettre de la musique plutôt punk-rock, donc qui est assez rythmée, n'est pas un souci : « Ca me met dans un état d'esprit qui me permet d'être entièrement concentré sur ce que je fais et plutôt en paix. »

Au Cabaret Vert, Simon Van Liemt a fait une découverte : « J'ai eu un coup de coeur pour Oi Boys, un groupe de Metz qui chante en français avec des influences de type Rock français des années 80 / début 90. Avec quelques effets New Wave parce qu'il y a un synthé. Que les paroles soient en français apportait beaucoup. J’ai eu la chance de les croiser au bar, après le concert, et donc on a pu échanger ensemble. C'était sympa parce que les deux compositeurs du groupe sont aussi dans le dessin ! ». Simon précise : « J'ai un groupe, aussi. Un groupe de rock dans lequel je fais chant et guitare. Et je compose à peu près tout. »

Dans l’actualité de l’artiste, il y a une courte histoire de Blake et Mortimer destinée un numéro spécial du journal de Tintin qui sort en septembre, pour ses 77 ans. « C’est un récit de 10 pages », précise Simon Van Liemt. Quant à faire un album complet de 62 pages ? « Je serais le plus heureux des hommes, mais on attend déjà que ces pages soient éditées, puis on verra ! Je suis sur le tome 7 de Ric Hochet. Je me concentre uniquement sur la série au niveau du dessin. Et je cherche à progresser avec mon groupe, ma musique. C’est déjà pas mal ! »

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