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Dans la famille Demon, après Days, voilà Wars !

Angoulême, samedi 27 janvier, 15h. Le 51e Festival International de la Bande dessinée bat son plein : les allées des bulles et les rues grouillent de monde, mais notre chroniqueur a un tout autre programme ! Rendez-vous est pris avec Peach Momoko, l'incontournable autrice et artiste qui dédicace sur le stand de Panini ses non moins incontournables Demon Days et Demon Wars : entrons ensemble dans l'univers Marvel par la porte du folklore japonais… Rencontre.

Quelles sont vos influences artistiques ? Sont-elles principalement japonaises ou viennent-elles d'autres pays ?

Peach Momoko : J'ai été inspirée par un animé, Nihon mukashi Banashi, [NDLR : littéralement "recueil de contes très anciens" ; une série créé dans les années 70 au Japon ; des épisodes de 25 min] un conte populaire japonais diffusé à la télévision tous les samedis matins. J'ai aussi été très inspirée par les films du studio Ghibli qui sont un peu comme mes livres de chevet. Voilà mes principales références.

Qu'est-ce qui vous a fait choisir le marché éditorial américain plutôt que japonais ?

P. M. : En fait, je n'ai jamais eu à me poser cette question. J'ai été invitée à la Comic Con de Los Angeles en 2015 et j'ai vraiment beaucoup aimé cet univers. C'est simplement, comme ça, que je suis entrée dans le monde des comic-books américains. Avant cette convention, même mon pseudo, Peach Momoko, n'existait presque pas. Je n'avais jamais été publiée.

Comment vous est venue l'idée de rapprocher les personnages de super-héros américains et la culture japonaise ?

P. M. : Je suis née et j'ai grandi au Japon. Je connais donc surtout la culture japonaise. Lorsque Marvel m'a proposé ce projet de bande dessinée, je me sentais plus à l'aise à l'idée d'écrire quelque chose que je comprenais vraiment. C'est ainsi que j'ai proposé de fusionner ces deux idées et cela a été accepté.

Peach Momoko

Peach Momoko © Panini Comic

Demon Wars

Demon Wars © Panini Comics

Demon Wars semble plus connecté à la culture japonaise qu'à l'univers Marvel. Est-ce que le succès de votre première série, Demon Wars, vous a permis de vous sentir plus libre dans votre nouveau récit ?

P. M. : Quand je travaillais sur Demon Days, j'étais pleinement concentrée sur l'histoire et je ne cherchais pas à en imaginer une autre. C'est une fois la série terminée, quand Marvel m'a demandé une nouvelle saison que j'ai travaillé un nouveau concept. À ce moment-là, je n'avais pas encore l'idée de m'appuyer sur l'événement Civil War, j'étais plutôt sur ces yokaïs qui se combattaient. Lorsque C.B. Cebulski et mes éditeurs chez Marvel l'ont lu, ce sont eux qui ont vu le lien potentiel avec Civil War. Alors ils sont revenus vers moi et ils m'ont proposé cette histoire qui m'a inspirée et je n'ai plus eu qu'à créer un peu plus de personnages que je ne l'avais prévu initialement pour nourrir mon récit.

Avant Demon Days, j'avais écrit quelques histoires courtes, jamais plus de 20 pages à la suite, sur cinq numéros. À cette époque, je débarquais dans le monde du comic-book, je ne savais pas comment procéder. L'équipe éditoriale m'a guidée, et c'est grâce à eux et à cette connaissance que je me suis sentie plus en confiance pour écrire Demon Wars. Comme j'ai eu les mêmes éditeurs pour les deux, ils savaient comment je travaillais et ils m'ont laissé une totale liberté pour Demon Wars, ce qui m'a permis de m'exprimer pleinement .

Demon Wars

Demon Wars © Peach Momoko, Panini Comics

Comment les lecteurs américains ont-ils réagi à cet hybride entre les deux univers ?

P. M. : Je ne sais pas vraiment. C'est mon mari qui s'occupe de mes réseaux sociaux. Mais je savais que mon travail pouvait être très différent du Marvel que les fans connaissent. Les fans les plus anciens auraient pu être agacés, ou surpris. J'ai voulu préserver le ton qui est le mien, tout en respectant l'univers Marvel autant que possible.

Vous avez produit de nombreux designs inspirants pour Demon Wars. Les avez-vous tous utilisés ?

P. M. : Oui, car toutes mes propositions ont été acceptées par Marvel. Parfois quelques détails ont pu être modifiés... mais le seul changement majeur a concerné un personnage nommé Raina Yu Yami, ma version de Spider-Gwen. Marvel m'a laissé très libre. Pas seulement dans la narration, mais aussi dans le chara-design.

Créer ces différentes associations a-t-il été compliqué ?

P. M. : Certaines sont venues très facilement. D'autres ont demandé un peu plus de travail. Mais les associations se faisaient presque simultanément, à travers les couleurs, les caractéristiques, ou même les noms. Comme je l'avais déjà fait, c'était un exercice finalement très plaisant.

Demon Wars

Demon Wars © Panini Comics

Quel est votre design préféré parmi tous ces personnages ?

P. M. : Bake-Yoroï : Iron Man en version samouraï. Les couleurs, la façon dont son armure se déploie, c'est le mélange parfait entre le personnage Marvel et le yokaï que j'avais en tête.

L'intrigue est laissée en suspens à la fin de Demon Wars. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

P. M. : Je sais qu'il y aura une suite, mais c'est tout ce que je sais pour l'instant. Rien n'a été décidé à ce jour. Pour l'instant, je me concentre sur Ultimate X-Men, ce qui me fait une pause dans la série « Demon ». Quand Ultimate sera terminé, je verrai. J'ai des idées en tête que je pourrai facilement développer.

Vous êtes aussi autrice unique sur Ultimate X-Men. Avez-vous songé à travailler en duo ?

P. M. : Pour l'instant, je suis très à l'aise à tout faire seule. J'ai la liberté complète de raconter ce que je veux. Et je ne sais pas vraiment comment je pourrais travailler avec un scénariste. Être une artiste solitaire me convient pour l'instant, mais on ne sait jamais de quoi sera fait le futur.

Merci beaucoup Peach Momoko.

P. M. : C'est moi qui vous remercie.

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