Baru est de retour avec un bouquin qui va faire date : Rock’n Roll, salauds de baby-boomers, tome 1 (Futuropolis). Musique, de la bonne, du rock, et retour sur un passé, une époque, une génération accusée aujourd’hui d’avoir été heureuse et insouciante. Baru, toujours aussi franc et direct, annonce la couleur.
On va être un certain nombre à être concernés par le titre de votre album.
Baru : On a cherché longtemps ce titre. Le problème, c’est que tous mes lecteurs ont à peu près mon âge et sont des baby-boomers nés à la fin des années 40. Mais attention, il n’y a pas de nostalgie dans mon histoire.
Une partie est autobiographique.
Baru : Au moins la première histoire. La suite, les six autres, c’est de la fiction. 
Premier extrait de la bande dessinée Rock'n'roll, T.1 : Salauds de baby-boomers par Baru © Futuropolis, 2026
Les repères sont communs, les noms des groupes : Hendrix, The Who, les Stones. C’était une envie de revenir sur la montée en puissance de votre passion pour la musique ?
Baru : Je n’ai jamais, hélas, pratiqué un instrument, mais si j’avais vraiment choisi, j’aurais appris la guitare à l’époque. Globalement, je n’ai pas de regrets sur cette période. Le rock, c’est un matériau que je pousse dans ses derniers retranchements, qui seront sûrement la mort de tous ceux qui ont fait partie de ce mouvement musical. Point barre. Je fais ça avec une vraie gourmandise. Dessiner Hendrix, c’est un exploit. Pas simple.
Il y a aussi la partie anglaise dans l’album. Pourquoi avoir bifurqué outre-Manche ?
Baru : C’est la moto, la Triumph, un fantasme, je n’en ai jamais eu. Je m’amuse avec des motos dont j’ai rêvé. C’est comme la guitare Fender de 1961 que j’ai chez moi. Dessiner ou la guitare. Très vite, je me suis rendu compte que je ne pouvais pas mener les deux de front. J’ai choisi le dessin, qui en plus coûtait moins cher. La Fender, c’est avec mon premier salaire de chez Dargaud : un chèque avec lequel je suis allé chez Dadi (rue de Douai, le magasin de Marcel Dadi, génial guitariste qui a disparu dans le crash du vol 800 de la TWA, ndlr). J’ai pris la Fender contre le chèque, je suis rentré chez moi et j’ai été confronté à ce dilemme cornélien. Qu’est-ce que je vais faire ? J’ai choisi le dessin. 
Seconde page d'extrait de l'album Rock'n'roll, T.1 : Salauds de baby-boomers par Baru © Futuropolis, 2026
Vous avez totalement scénarisé Rock’n Roll ou laissé une partie en roue libre ?
Baru : Non, je prépare tout. J’ai un processus où je fais d’abord deux planches sur deux feuilles A4, en petit. Je mets mon texte et je sais ce que je vais dessiner. Je passe au propre ensuite. Je savais que je voulais faire quelque chose qui concernait ma génération. Donc je me suis dit qu’il fallait peut-être demander aux copains de me faire un truc sur le rock, sur le fait qu’il avait changé leur vie. Si oui, qu’ils me fassent un texte. Et je faisais des choix, je réécrivais.

Couverture de la nouvelle BD de Baru : Rock'n'roll, T.1 : Salauds de baby-boomers, aux éditions Futuropolis
Est-ce qu’on n’a pas vécu une époque hors normes, inégalée et inégalable ?
Baru : Et pour longtemps, parce que ce qui s’annonce aujourd’hui, ce n’est pas gai. Mais Jacques Ferrandez, auteur fan de jazz, m’a dit un jour que le rock’n roll serait la musique classique de l’avenir. Ce bouquin existe car je vois une intemporalité de la musique. Les types qui bidouillent avec un ordinateur, cela ne m’intéresse pas.
Article publié dans ZOO Le Mag N°109 Mars-Avril 2026
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