« Un talent monstre » : ainsi s’intitulait l’exposition consacrée à Naoki Urasawa lors des « Rendez-vous de la BD d’Amiens » l’an dernier. Une formule qui pourrait tout aussi bien s’appliquer cette année à l’œuvre d’Emil Ferris. Rencontre avec Justin Wadlow, l’un des trois commissaires d’exposition.

Extrait de Moi, ce que j'aime, c'est les monstres, l'oeuvre d'Emil Ferris © Monsieur Toussaint Louverture
Combien d’originaux seront visibles ?
Justin Wadlow : 35 à 40 originaux seront présentés, gracieusement prêtés par l’autrice, en collaboration avec la Galerie Martel.
Y aura-t-il une scénographie particulière ?
J. W. : Il y aura une scénographie très particulière, puisqu’on est dans un espace du festival qui est circulaire. Le centre sera occupé par une grande tour représentant la tour Perret d’Amiens. Cette dernière sera creuse et abritera la chambre de Karen. On aura alors la matérialisation de l’univers mental du personnage. On y trouvera aussi bien des affiches de films (les monstres d’Universal) qu’un imperméable de détective. L’extérieur sera divisé en plusieurs espaces thématiques.

Emil Ferris propulsée parmi les "monstres" sacrés de la bande dessinée © Monsieur Toussaint Louverture
Des clés seront-elles proposées au public pour mieux appréhender l’œuvre d’Emil Ferris ?
J. W. : Une première partie sera un vaste panorama de l’œuvre, comme une série de poupées gigognes : le polar, le conte gothique dans la tradition de Frankenstein ou de Dracula, la romance et le brûlot féministe. On découvrira ensuite toute la galerie de personnages inventés par Emil Ferris, puis un espace consacré au musée de Chicago et aux œuvres d’art. Enfin, un lieu sera dédié aux magazines pulp.

Emil Ferris a dessiné Moi, ce que j'aime, c'est les monstres presque entièrement aux stylos-bille © Monsieur Toussaint Louverture
J’ai cru comprendre que les étudiants en bande dessinée d’Amiens tiendraient un rôle très particulier…
J. W. : Les tableaux présents dans « Moi, ce que j’aime... » sont des classiques du musée de Chicago. L’idée était de les faire dialoguer avec les œuvres du Fonds régional d’art contemporain (FRAC). Les élèves ont dû en choisir une et créer des parallèles avec celles de Chicago.
Signalons également le travail des étudiants de M2, qui ont eu chacun à réinventer une couverture de magazine pulp au stylo-bille, en actualisant la date et le prix. Le fanzine sera en vente sur le festival.

Moi, ce que j'aime, c'est les monstres, une oeuvre d'une profondeur fascinante signée Emil Ferris © Monsieur Toussaint Louverture
Y aura-t-il des événements particuliers en lien avec l’exposition ?
J. W. : Le premier week-end, les élèves du conservatoire d’Amiens vont réaliser une performance. En s’appropriant l’espace de la tour, ils incarneront Anka et enregistreront sa biographie. Ces bandes seront ensuite disponibles pendant toute la durée du festival dans la chambre reconstituée de Karen. Les visiteurs pourront alors, à leur tour, se mettre à la place de la petite fille en écoutant ces enregistrements via un magnétophone.

Couverture du T.1 de Moi, ce que j'aime, c'est les monstres, par Emil Ferris aux éditions Monsieur Toussaint Louverture, 2017.

Couverture du T.2 de Moi, ce que j'aime, c'est les monstres, par Emil Ferris aux éditions Monsieur Toussaint Louverture, 2024.
Article publié dans ZOO Le Mag N°110 Mai-Juin 2026
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