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Sixtine Dano, chroniques d’une jeune femme engagée

Sixtine Dano a fait mouche dès sa première bande dessinée. Cette jeune autrice issue du cinéma d’animation a convaincu tout le monde avec sa fiction très documentée sur la double-vie de Sibylline, une étudiante qui fait de l’escorte pour payer ses études. Rencontre d’une autrice passionnée et engagée, à l’occasion de sa participation au Cabaret Vert, festival engagé.

Quelle musique aimez-vous écouter ? Est-ce que vous écoutez la musique en dessinant ?

Sixtine Dano : Oui, beaucoup. J'écoute énormément de musique, de podcasts, de documentaires et de YouTube ! En musique, j'aime beaucoup l'électro, la techno, la chanson française, la folk… J'adore Joan Baez, Bob Dylan. J'ai des goûts assez variés, ça dépend vraiment du mood du moment. En chanson française, j'aime bien les anciens : Brel, Brassens, tout ça.

En ce qui concerne les artistes plus récents, il y a Théa et Micky, toutes deux présentes sur le festival, dont j'adore les chansons. Il y a évidemment Solann dans les petites pépites récentes (NDLR : Solann a préfacé Sibylline, chroniques d'une escort girl). Il y a Yoa aussi que j'adore. Toutes celles-ci sont vraiment de la même génération !

Extrait de la page 39 de Sibylline, chroniques d'une escort girl par Sixtine Dano

Entre légèreté et moments plus sombres, Sixtine Dano met en scène dans Sibylline, chroniques d’une escort girl le quotidien et la double vie de son héroïne. Extrait de la page 39 © Glénat

Est-ce qu'en fonction des étapes du dessin vous écoutez des types de musique différents ?

S.D. : Ce ne sont pas trop les étapes, ça va plutôt être le mood. Par exemple, quand j'écris du scénario pour de nouveaux projets, je me fais des playlists spéciales adaptées en fonction du sujet. Souvent, ce sont des musiques de films pour qu'il n'y ait pas trop de paroles, pour pouvoir réfléchir. J'essaie d'avoir une ambiance adaptée. C'est une playlist qui pourrait être la BO du film, si j'étais en train d'écrire un film !

Ça, ça me met direct dans le mood et c'est plus facile d’écrire comme ça. Par exemple, là, récemment, j'ai beaucoup écouté de Fred Huguenin. J'adore son travail et il a fait tout un album avec Arcade Fire qui est incroyable à écouter.


Et quel est votre dernier concert ?

S.D. : Ah, c'est une bonne question ! Je me demande si ce n'est pas Solann. Et j'ai été en festival à Château-Perché où il n'y a pas des grosses têtes d’affiches, mais plutôt plein de DJ, des moods et des ambiances. C'est un autre type de festival, mais j'adore aussi. Le lieu change à chaque fois et c'est toujours incroyable parce que c'est autour d'un château. Il y a énormément d'argent qui est mis dans la scénographie, presque plus que dans la musique. Comme ce ne sont pas des artistes très connus qui vont jouer, l'argent peut aussi être dispatché sur les autres aspects du festival. C'est tout petit, donc ça permet de pouvoir facilement déambuler et d’avoir plein d'ambiances différentes. Les festivals avec 100 000 personnes comme ici, ça fait longtemps que je n'en ai pas fait. J'avoue que j'appréhende un peu les foules. La fête de l'Huma est le seul autre gros festival de cette échelle-là que j'aime bien faire. Extrait de la page 37 de Sibylline, chroniques d'une escort girl par Sixtine Dano

Une nuit dans Sibylline, chroniques d’une escort girl : Sixtine Dano accompagne son héroïne dans une vie nocturne qui constitue l’une des deux facettes de son quotidien. Extrait de la page 37 © Glénat

Qui comptez-vous aller voir au Cabaret Vert ?

S.D. : Théa, c'est en même temps que ma dédicace ce soir ! Malheureusement je ne peux pas y aller. Sinon j’irai voir Théodora que j'adore et Nick-Cave. Il y a Perceval, qui est un DJ que j'aime beaucoup, mais je serai déjà partie. Il fait de la techno médiévale, c'est très drôle !

Vous êtes à la fois autrice de BD et activiste pour le climat, l'environnement. Le Cabaret vert n’est-il pas un combo idéal entre BD et engagement ?

S.D. : Oui, je trouve ça trop bien ! C'est génial ! Après, les organisateurs le disent très bien : le festival le plus écolo est le festival qui n'existe pas ! Donc on est toujours dans une dissonance, même si on essaie de s'aligner au maximum, c'est hyper compliqué. Mais c'est incroyable que ça existe et qu'ils soient aussi exigeants. Je trouve trop bien, par exemple, qu'il y ait de plus en plus de festivals qui ne proposent que des repas végétariens, parce que c'est vraiment l'action sur laquelle on peut très facilement agir et qui a le plus d'impact. J'avoue que le moment où j'étais très impliquée dans l'activisme climat, c'était il y a 5 ans. Et à ce moment-là, il n'y avait pas grand-chose qui était aussi exigeant dans le secteur des festivals.

Sixtine Dano en train de dédicacer Sibylline Chroniques d'une escort girl, au Cabaret Vert

Sixtine Dano en dédicace au Cabaret Vert, où l’autrice de Sibylline, chroniques d’une escort girl était invitée à rencontrer les festivaliers © ZOO le Mag - François Samson

Comment arrivez-vous à gérer votre temps entre la BD, qui est très chronophage, et vos engagements d’activiste ?

S.D. : Là, j'ai un peu levé le pied, surtout parce que j'étais en procès. Et on a été relaxés au printemps de cette année, donc maintenant ça va être peut-être plus facile de reprendre. Et le mouvement climat a beaucoup évolué depuis l'époque où je faisais beaucoup de désobéissance civile. Maintenant, ce sont des formes un peu différentes, beaucoup de militantisme est passé sur le sujet de la Palestine, de la lutte contre l'extrême-droite… Ce sont d'autres formes de militantisme qui ne sont pas trop ce que je faisais à l'époque, qui était vraiment de la désobéissance climat. C'est moins dans mes zones d'expertise, même si c'est tout aussi important.

Sixtine Dano en train de dédicacer Sibylline Chroniques d'une escort girl, au Cabaret Vert

Entre bande dessinée et engagement, Sixtine Dano présente Sibylline au Cabaret Vert, un festival dont elle partage les préoccupations environnementales. © ZOO le Mag - François Samson

Sibylline Choniques d’une escort girl est une œuvre engagée, de manière différente que votre action par rapport au climat, mais on peut parler de cohérence globale par rapport à votre vision, semble-t-il.

S.D. : Oui, j'essaie au maximum d'être sur des projets engagés, en tout cas quand ce sont des projets qui portent mon nom : j'essaie alors au maximum de le faire, comme mon film de fin d'études, par exemple, Thermostat 6, un court-métrage qui parlait de déni du dérèglement climatique. Il va d'ailleurs être projeté, me semble-t-il, dans la salle de cinéma du Cabaret Vert, l’Idéal Cinéma.

J'essaie d'être alignée au maximum. Quand j'étais étudiante, j'étais extrêmement révoltée. Et j'avais vraiment besoin de me sentir agir. Maintenant, cela passe plus par mes œuvres : Sibylline sur le féminisme, le travail du sexe, les violences et la précarité. J'aimerais bien que mes prochaines œuvres abordent d'autres sujets, mais aussi engagés.

Fin de la première partie de l'interview.

Extrait de la page 58 de Sibylline Chroniques d'une escort girl par Sixtine Dano

Au-delà de sa double vie, Sibylline, chroniques d’une escort girl raconte aussi une jeunesse faite d’amitiés et de moments de partage.Extrait de la page 58.© Glénat

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