ZOO

Naoto - Le gardien de Fukushima (Février 2021)

couverture de l'album Naoto  - Le gardien de Fukushima

Éditeur : Steinkis

Scénario : Ewen Blain, Fabien Grolleau

Prix : 19.00€

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La critique ZOO

Note ZOO 4.5

Scénario

4.5

Dessin

4.5


Intime est sa relation à la nature, alors Naoto brave les dangers afin de sauver les plus faibles. Seul et irradié depuis la catastrophe nucléaire, il prend soin des animaux dans le périmètre interdit.

La nature est omniprésente autour de sa ferme. Là-haut, sur la colline la plus proche, le cerisier est en fleurs. Naoto, agriculteur, accueille aujourd’hui son jeune neveu Koichi. Le bambin, confié pour quelques jours de congé, y retrouve ses grands parents.

Le lendemain, l'événement survient. C’est tout d’abord le chien qui, interrompant son jeu avec Koichi, se crispe et grogne. Signe précurseur. La terre tremble longuement effrayant animaux et humains, ébranlant les bâtiments aussi bien que les arbres, faisant des victimes parmi le bétail. Puis, Naoto et Koichi se relèvent. Ils constatent peu à peu l’étendue des dégâts. La tristesse s’installe mais chacun des membres de la famille est sauf.


11 mars 2011. Un tremblement de terre déclenche un tsunami ravageur au Japon

11 mars 2011. Un tremblement de terre déclenche un tsunami ravageur au Japon
© Steinkis


Au questionnement de l’enfant relatif au tremblement de terre, Naoto relate un conte traditionnel évocateur du Japon subissant les mouvements d’un être mythologique situé dans ses profondeurs. Les secousses se succèdent. Un couple de voisins, leur maison détruite, les rejoint. Une exploration de la situation, à partir du sommet d’une colline, permet bientôt de découvrir la ville côtière située en contrebas. C’est alors que la mer envahit progressivement celle-ci… et sans doute bien d’autres sur toute la côte.

Isolé du monde, sans électricité, Naoto puise dans les contes la matière pour alimenter la curiosité de son neveu et l’occuper durant cette première journée d’après. Dehors, les sirènes et les mouvements de camions au loin éveillent la curiosité de ce fermier qui exerçait autrefois une activité professionnelle, là-bas de l’autre côté de la colline, à Fukushima Daichi.

De questionnements en rencontres, il ne faudra pas longtemps avant que Naoto perçoive la gravité de la situation qu’une explosion soudaine accroît. Peu après, sous la pression d’autorités et de recommandations impérieuses, le groupe sera contraint d’abandonner les lieux. Un abandon temporaire pour Naoto, préoccupé par la condition animale au point de transgresser les règles et de revenir sur ses pas. Là, dans la campagne, il arpentera les environs afin de soulager les animaux domestiques abandonnés à leur sort, les libérer des lieux clos, les nourrir et les accompagner.

L'histoire est pleine de références aux légendes japonaises

L'histoire est pleine de références aux légendes japonaises
© Steinkis

Le scénario de Fabien Grolleau et la mise en scène sont portés par un style graphique attendrissant. Ewen Blain, ayant exercé ses talents dans la littérature jeunesse, porte cette épopée intimiste et héroïque avec délicatesse. La clarté de son graphisme et des couleurs constitue un atout essentiel pour ce récit.

Ainsi, l’évocation d’une situation exceptionnelle, le comportement des protagonistes et l’évocation fréquente de la mythologie nippone sont le substrat sur lequel, comme au printemps, fleurit la beauté de ce respect pour le vivant, de cet amour envers les animaux si proches des humains.

Avec « Naoto, le gardien de Fukushima », le lecteur est immergé dans le « tout » qu’est notre monde et dans lequel ce rapport au vivant conditionne désormais son équilibre ou sa chute.

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