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Pim Pam Poum - T1 : 1936-1942 (Décembre 2022)

couverture de l'album 1936-1942

Série : Pim Pam PoumTome : 1/9Éditeur : Urban Comics

Scénario : Harold KnerrDessin : Harold KnerrTraducteur : Tristan Lapoussiere

Collection : Urban Strips

Genres : Aventure, Comics

Prix : 26.00€

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La critique ZOO

Note ZOO 5.0

Scénario

5.0

Dessin

5.0

Figurant parmi les premiers strips américains, de la même génération que Yellow Kid d’Outcault ou Little Bears de Swinnerton, les Katzenjammers Kids de Rudolph Dirks débutent leur carrière en 1897 et seront publiés pendant plus d’un siècle dans les journaux américains. Véritable phénomène de presse, la série, rebaptisée Pim Pam Poum en France revient dans une nouvelle édition retraduite et restaurées, dans la très belle collection Urban Strips d’Urban Comics.

Le strip fonctionne sur une idée de base assez simple. On a d’une part deux garnements, Pim et Pam qui vivent avec leur tante Poum, entourés d’une troupe de personnages « hauts en couleur », dont le Capitaine, le centre de toutes leurs attentions, leur sujet favori pour toutes les farces qui leur passent par la tête. À ses côtés, il y a son camarade de flemme l'Astrologue, énigmatique savant qui n’aime rien de plus que rester assis à l’ombre d’un arbre en fumant sa pipe. Il y aussi Miss Ross et ses deux protégés, le jeune Adolphe qui aime à penser qu’il est plus malin que les deux chenapans, quitte à régulièrement retourner leurs farces contre eux, et Léna, l’archétype de la fausse fillette modèle qui n’hésite pas à participer aux mauvais tours d’Adolphe, sans trop se mouiller. Au fil de leurs précédentes aventures, ils sont tous venus s’établir sur l’île de Bongo, ou nous les retrouvons quand débute ce volume, qui rassemble les strips du dimanche parus entre le 21 septembre 1936 et le 1er février 1942.

Un tout petit peu d'histoire

À l’époque de la publication de Katzenjammers Kids (apparus le 12 décembre 1897 dans le New York Journal), la bande dessinée n’en est qu’à ses premiers balbutiements. Les auteurs découvrent, expérimentent et établissent les codes qui vont ensuite permettre au médium de se développer, d’avoir son propre langage. C’est Dirks qui va démocratiser, par exemple, l’usage de la bulle ou des éléments aujourd’hui devenus banals comme les petites étoiles au-dessus de la tête quand un personnage reçoit un coup…

Dirks est un jeune immigré Allemand, et il va se servir de cette culture pour animer la série avec des dialogues aux accents germaniques. Malgré le succès immédiat, en 1912, Dirks et le richissime magnat de la presse, William Randolph Hearts entrent en conflit au sujet des droits sur la série. Après une quinzaine d’année à assurer les mille et une mauvaises blagues de Pim et Pam, Dirk veut faire une petite pause. Mais Hearst ne souhaitant pas interrompre la publication, décide de confier le strip à Harold Knerr (qui avait justement produit auparavant une imitation de Katzenjammers Kids), pour le remplacer. Découvrant la nouvelle à son retour, Dirks intente un procès à Hearst et finit par gagner le droit de pouvoir utiliser les personnages comme il le souhaite. Cependant, il ne possède plus le nom de la série. Pour continuer à mettre en scène tout ce petit monde, il va devoir changer le titre en The Captain and the Kids à partir de 1918, désormais distribué par United Feature Syndicate de Pulitzer. De son côté, The Katzenjammers Kids poursuit sa route, avec cette fois Knerr aux commandes permanentes à partir de 1914.

Comme ce fut le cas auparavant avec Yellow Kid et Buster Brown de Outcault, il y a maintenant deux strips mettent en scène les mêmes personnages, à quelques petites variations près et qui vont avoir globalement le même succès auprès des lecteurs. Alors que The Captain finit sa course en 1979, the Katzenjammers Kids va durer jusqu'en 2006.

Pim pam poum

Pim pam poum
© Urban Comics, 2022

Redécouverte, dépoussiérage et fou-rires

Quand bien même tout découle d'un concept assez basique (comme ce fut aussi le cas de Krazy Kat d’Herriman, par exemple, ou de bien d’autres), les auteurs qui vont se succéder aux commandes du strip vont s’évertuer à animer des aventures qui vont leur permettre de varier les décors, les approches scénaristiques et aussi d’amener régulièrement de nouveaux personnages ! Et c'est ce rythme qui va faire tout l'intérêt de Pim Pam Poum, lui faisant traverser les décennies en conquérant de nouvelles générations de lecteurs, au fur et à mesure.

Les éditions Urban partent donc de la fin de la période Knerr, quelques années avant qu'il ne décède (en 49). Dans l’imposant et passionnant dossier de Tristan Lapoussière il est précisé que tout ce qui est antérieur aux années 30 est particulièrement difficile d'une part à retrouver, mais surtout à restaurer. De plus, si l’on compare avec le volume paru aux éditions Michel Laffon, en 2012, basé sur les planches traduites deçi delà, on se rend compte que le matériau traduit jusqu’ici en France était souvent remonté, des cases coupées ou carrément rallongées. Du coup, il a fallu creuser et tenter de rassembler des périodes les plus complètes possible, dans leur format original, en noir et blanc.

De plus, le dossier introductif revient plus précisément sur cette histoire assez malmenée et sur le travail de restauration qui a accompagné cette sortie, ainsi que sur l’évolution des personnages, de leur univers.

Pim pam poum

Pim pam poum
© Urban Comics, 2022

Cette redécouverte est une magnifique occasion de voir que le strip n’a pas tant vieilli que ça, que l’humour fonctionne toujours autant, mais qu’en plus le dessin précis de Kneer est un vrai plaisir des yeux ! On peut toujours regretter qu’il n’ait pas été possible de revenir aux bases qu’élabora Dirks, de témoigner de son évolution. Mais la porte est ouverte pour d’autres restaurations de qualité et peut-être qu’un jour, il sera possible d’avoir un volume qui se penchera sur des périodes antérieures.

En attendant, ne boudons pas notre plaisir, la magie de Katzenjammers Kids est toujours là

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Commentaires et critiques (1)

Trois correctifs. s'imposent. Les deux garnements se nomment Pam et Poum et c'est la tante qui s'appelle Pim. Le copain barbu du capitaine, est connu chez nous sous le nom de l'Astronome et non de l'Astrologue. Enfin, Katzenjammer en allemand, qui s'emploie pour signifier un "mal au cheveux" ou une gueule de bois après une bonne biture, ne prend pas de s à la fin. Autre précision importante ; Rudolph Dirks a été très fortement inspiré par Wilhelm Busch et ses célèbres personnages Max und Moritz, une bande dessinée pionnière dans l'histoire du 9ème Art.

Posté le 10/12/2022 à 13h32