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La BD pour raconter le monde

Auteur(s) :
Emmanuel Lepage

Lieu : Paris

Des choix forts pour narrer l’Antarctique

Comment avoir agencé l’arrivée de la photo dans l’histoire ?

J’ai demandé à François qu’il me donne une sélection des photos qu’il aimerait voir dans le livre. Il y en avait à peu près une centaine. Sur ces photos, j’en ai choisi une partie. Il y a plein de photos qui ont été écartés non pas parce qu’elles n’étaient pas intéressantes plastiquement mais tout simplement parce qu’elles étaient redondantes. Par exemple, François a pris plein de photos très fortes des icebergs, mais si on en mettait dans le livre, l’histoire ralentissait. Donc il a fallu en choisir une seule…

La photo d'un iceberg de François Lepage présente dans le livre

La photographie de l'iceberg présente dans le livre


Pourquoi ne pas avoir intégré Concordia à la narration ?

C’est lié à la narration. Dans une des versions précédentes, on arrivait à Concordia mais je continuais le récit jusqu’à la fin du voyage de retour. J’avais des croquis et pas mal de photos très intéressantes. J’avais l’idée de représenter notre sortie du bateau pour s’allonger dans l’herbe en plein été avec toutes ces odeurs et cette chaleur. La dernière image aurait idée une pleine page avec une main posée dans l’herbe. Ça aurait été la seule case verte du livre.

Croquis de la satation Concordia

Croquis de la station Concordia

Mais toute l’histoire était construite sur l’arrivé à Concordia, donc tout ce que je pouvais raconter après ce moment-là aurait semblé terne et trop long. Donc autant finir l’histoire sur l’arrivée à Concordia, le climax de l’histoire. Pour parler de Concordia, on a donc ajouté un dossier écrit à la fin du livre. Surtout qu’on a failli rester à Concordia : on devait y passer 2 jours et on y est resté 8 jours à voir les bases fermer les unes après les autres en se demandant si vraiment les avions allaient pouvoir décoller !

Votre curiosité a-t-elle permis de faire passer un message écologique ?

Une trace, photographiée par François Lepage

Comme le livre s’inscrit dans la durée, à l’inverse du discours politique, il permet plus l’énonciation des faits qu’une dénonciation. Comme dans mon livre sur Tchernobyl, j’expose les faits, mais je n’ai pas envie de m’adresser au lecteur en disant « voilà ce qu’il faut que tu penses ».

Je donne mon ressenti, un point de vue éminemment subjectif. Comme je livre mon propre chemin de pensée, je laisse le choix au lecteur d’être d’accord ou non avec moi. C’est très important de s’adresser au lecteur comme à un ami intelligent : c’est le lecteur qui fait la synthèse et en tire ses propres conclusions.

Vous avez déjà un autre voyage de prévu ?

Une page des Voyages d'Anna

Une page des Voyages d'Anna

Non, ça va être difficile de partir plus loin… Mais je travaille sur un autre voyage, une fiction. Ce livre sortira aux éditions Daniel Maghen. J’avais fait un livre chez lui, il y a 9 ans : Les Voyages d’Anna. Pour la petite histoire, il y a un lien entre ces deux livres : Anna et Ulysse sont les prénoms de mes deux enfants. Les Voyages d’Anna que j’avais faits avec ma femme, Sophie, sont une sorte de faux carnet de voyage d’un peintre du XIXeme siècle, qui était un très bel objet réunissant illustrations et croquis.

Ca s’appellera les Voyages d’Ulysse, comme le personnage mythologique ! La mythologie sera la toile de fond. Il y aura des illustrations de l’Odyssée par René Follet intégrées au récit en BD, sur un scénario de ma femme, Sophie Michel. Ce sera plus une BD qu’un carnet de voyage mais on ne sait pas encore exactement la forme que prendra ce livre là !

Pour aller plus loin

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