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Retour aux rêves d’enfant

Auteur(s) :
Léa Mazé

Lieu : Paris

Léa Mazé nous offre la primeur de sa première interview pour sa première BD : Nora. Cette jeune auteure qui a plus d’une corde à ses crayons de couleurs nous narre comment s’est forgée cette BD jeunesse aux différents niveaux de lecture.

Nora et Léa, même combat

Comme êtes-vous arrivée à la BD ?

Pendant mon lycée, j’ai fait pas mal de cours de théâtre, où on a été beaucoup sensibilisés à l’écriture et à la mise en scène. Ça m’a marquée. Après j‘ai fait une mise à niveau en arts appliqués, car mon but depuis que j’ai 10 ans, c’est d’éditer une BD. Entre temps, j’ai perdu un peu cette idée de vue et j’ai fait une école d’animation à Estienne. Ca m’a beaucoup plu, ça a été très formateur mais c’était très technique et numérique. Par hasard, j’ai eu la chance de renouer avec la BD en intégrant la formation BD à l’école Renoir, le jour même de la fin des inscriptions.

J’y ai rencontré Merwan et Alessandro Tota qui m’ont beaucoup aidée et motivée. Ils m’ont fait énormément progresser. J’ai donc enchainé sur un diplôme d’illustration pour aller jusqu’au bout. Et ça y est, je me suis lancée le défi de bosser en freelance et le contrat pour Nora est arrivé !

Maintenant, je fais de l’illustration, de la colorisation et avec mon compagnon on a monté un blog BD sur la sociologie. C’est un blog de vulgarisation, d’expérimentation avec des blagues autour de la sociologie. On a fait ça pour rire et on s’est fait complètement dépasser par le nombre de lecteurs !

Et comment est née votre première BD ?

C’est venu durant ma formation de BD, où j’ai dû créer un projet personnel. J’ai donc élaboré le scénario de Nora et dessiné juste 5 planches. Après, la BD m’a tellement plu que Nora était mon projet de fin d’études dans mon école d’illustration. En sortant de l’école, je voulais proposer ce projet à des éditeurs et quand j’ai vu le catalogue de La Gouttière, je me suis rendu compte que que ça collait parfaitement !

Quand j’ai signé avec les éditions de La Gouttière, toutes les planches étaient faites en noir et blanc. Mais j’ai tout recommencé parce que je n’étais pas contente du résultat ! Heureusement qu’ils sont super compréhensifs et m’ont laissé faire évoluer l’ensemble. Seule la couverture du début est restée… bon je l’ai refaite aussi, mais on a gardé l’idée telle quelle !

D’où est partie cette histoire ?

Dès le départ, j’avais l’idée un petit peu bizarre « d’oublier de naître » que je voulais explorer. C’est là qu’est venu le personnage de la petite fille pour développer l’ensemble.

C’est une manière de mettre en scène ton regard sur l’enfance perdue ?

J’ai beaucoup travaillé sur cette capacité qu’on a, en tant qu’enfant, de prendre des choses au pied de la lettre et de s’amuser de rien. Pour bien retranscrire ce côté « enfance perdue », j’ai construit l’ambigüité de la fin : est-ce que Nora a tout imaginé ou a vraiment vécu tout ce qui lui est arrivé ? Les adultes ne comprennent rien à l’histoire et aux questions de Nora, ce que je trouvais amusant comme décalage.


En fait, toute la partie sur « La Mour » est issue de ma propre enfance. Quand j’étais petite et qu’un petit chat, chien ou autre mourrait, ma mère me disait « il va dans l’amour ». Et pour moi, « La Mour », c’était un truc un peu psychédélique. C’est ressorti dans cette BD. Même si la petite fille n’a pas du tout mon caractère, beaucoup d’éléments de l’histoire viennent de mon enfance : le grand chêne qui, vu avec les yeux de l’enfance, est immense par exemple. D’où la dédicace à mes parents, parce que comme dirait ma mère, elle « [est] un peu l’auteur en fait » !


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