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Un été troublant pour l’élule de décembre

Auteur(s) :
Naïs Quin

Date : 10/12/2015

Seul au milieu d’une nature aride, un garçon façonne des figures d’aluminium, miroitantes dans le soleil d’été. Un beau jour, une mystérieuse jeune fille débarque dans son monde solitaire… Ainsi s’annonce la BD Ramona de Naïs Quin, notre élule de décembre. La jeune auteure nous raconte la genèse son projet Ulule.

Deux ados dans le désert

Comment en es-tu arrivée à la BD puis à ce projet ?

Naïs Quin : J’ai toujours aimé dessiner et raconter des histoires ! Avec la BD, je peux faire les deux à la fois ! Ainsi à 9 ans, j’ai décidé que je voulais être dessinatrice de BD. Pour y parvenir, j’ai suivi la formation BD et illustration de l’école Pivot à Nantes où la formation académique m’a donné de bonnes bases. J’en suis sortie il y a un an et demi et depuis je travaille sur Ramona. Cette histoire a germé il y déjà 3 ou 4 ans. J’ai eu l’idée des personnages quand j’étais en première année à Pivot, avec des petits dessins que j’avais fait pour un devoir.


Que raconte la BD Ramona ?

C’est l’histoire d’un adolescent, Paul, qui habite dans une caravane. L’été, son père part pour travailler en tant que saisonnier et Paul se retrouve tout seul. Un beau jour, une fille débarque de nulle part. Paul ne sait pas qui elle est mais elle lui plaît bien et, heureusement, elle revient souvent ! Cependant il se rend vite compte que plus il s’attache à elle, plus elle devient bizarre et manipulatrice. Cela va assez loin, Paul devra gérer leur relation.

Pourquoi choisir des adolescents pour héros ?

Toute l’histoire se passe parce Paul est ado ! Il est un peu paumé, il ne sait pas encore comment gérer une relation. Les histoires d’amours adolescentes sont souvent un peu étranges puisqu’elles n’ont pas eu de précédent ! Des adultes auraient sans doute eu des réactions plus rationnelles.



Le décor est très beau, désertique…

Je me suis dit que mon histoire ne pouvait marcher qu’en huis clos car une tierce personne aurais pu dire à Paul « cette nana est tarée, fuis ! » Un décor aéré marchait également bien pour cette BD assez contemplative. Il s’agissait de représenter un grand huis clos à ciel ouvert où les deux personnages seraient paumés tous les deux. Je me suis beaucoup inspirée de Kill Bill 2 où on retrouve ces décors de désert avec une caravane.

Quand je travaille la couleur, j’essaye de réfléchir sur les ambiances, l’état d’esprit changeant des personnages. Parfois dans une même scène, selon l’évolution du scénario et ce qui se passe dans la tête des personnages, l’ambiance peut changer, ce que je cherche à retranscrire par la couleur. Par exemple lorsque Paul demande à Ramona s’ils sont ensemble, j’ai essayé de transmettre son malaise.


Comment les as-tu construits les deux personnages à la personnalité très forte ?

Quand je construis une histoire, au début, c’est un peu comme si les personnages vivaient dans ma tête. Souvent ils s’imposent tous seuls et après je les dessine. Ramona c’est quelqu’un qui a un sens de l’aventure un peu trop marqué : sa vision du romantisme c’est de faire des trucs complètement dingues. Ramona n’est pas une « mauvaise personne » mais quelqu’un qui a des délires un peu extrêmes. Paul, lui, est très influençable.

Graphiquement, je voulais que les personnages soient très contrastés. Quand j’ai commencé la BD, je dessinais des physiques très maigres et c’est comme ça que Paul est né. Je trouvais que ça lui donnait un air un peu dégingandé, un peu paumé, mignon aussi avec ses grandes oreilles. Pour Ramona, étant donné que Paul tombe rapidement amoureux d’elle, je la voulais vraiment jolie en lui donnant un air mystérieux, un regard pénétrant.


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