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Retour aux rêves d’enfant

Auteur(s) :
Léa Mazé

Lieu : Paris

Du rire aux larmes

A quel public avez-vous pensé quand vous avez commencé à écrire ?

Je n’ai pas porté d’attention particulière au public visé. Comme au niveau des dialogues, j’ai essayé d’être très proche du parler enfantin, ce livre est devenu très accessible pour la jeunesse. Mais derrière cela, il y a aussi une sensibilité très adulte avec un deuxième niveau de lecture, notamment dans le regard qu’amène l’oncle.

J’avais envie de traiter de thématiques un peu absentes de la BD jeunesse. Je ne savais pas lesquelles mais au fur et à mesure de la construction du scénario, je me suis retrouvée obligée de parler de la mort ou de la guerre. Avec ce grenier où Nora farfouille, ce sujet est arrivé naturellement.

Et pourquoi avoir choisit les années 70 pour l’aventure de Nora ?

A la base, je voulais simplement que l’histoire ne se passe pas dans durant l’époque actuelle. Il fallait éviter les nouvelles technologies, pour que cette petite fille n’ait pas d’autre alternative en vacances que de s’amuser dehors. Je suis donc partie sur les années 70 et à partir de là, j’ai remonté la chronologie.

Comment les personnages de Nora ont été créés graphiquement ?

Je suis passée par plusieurs années d’étude avec ce projet sous le bras, donc entre les premières pages créées et aujourd’hui, ça a beaucoup changé. Comme je viens de l’animation, j’adore les personnages très marqués, hyper identifiables, ce que j’ai choisi pour cette histoire. Par exemple l’oncle Lucien et son long nez de cigogne.



Quelles techniques utilisez-vous ?

Pour Nora, je me sers de crayons de couleur, que je maîtrise mieux que l’encre de Chine que j’utilise pour le blog ! Le crayon de couleur m’aide à créer beaucoup de textures et de contrastes. J’ai essayé plein de trucs, mais pour l’instant le crayon de couleur est vraiment mon outil de prédilection.

Et d’où viennent vos couleurs particulières ?

Dès le départ, je voulais faire un monochrome en sépia. Concernant le bleu, je voulais une couleur qui tranche pour montrer l’imaginaire, qu’il soit plus lisible. Comme il y a beaucoup de contrastes dans mes couleurs, le bleu qui tranche avec le sépia en amène une de plus !

Vous avez d’autres projets ?

J’avais deux projets de diplôme : Nora et une adaptation d’une pièce de théâtre écrite pour être jouée par des adolescents. Elle a été écrite par mon frère qui est comédien et metteur en scène. Ne me reste plus qu’à relancer le projet qui a eu quelques aléas chez certains éditeurs. Il me tient vraiment à cœur : j’y montre une autre facette de mon travail qui joue davantage avec les codes de la BD ! Cela s’adresse à tous les âges, car ce projet a aussi plusieurs niveaux de lecture : les personnages sont hauts en couleurs, mais il y a en toile de fond des thématiques très graves.

J’adore dans mes lectures quand on alterne les moments où on rit et ceux où on a une boule dans la gorge. C’est ce j’essaie de créer dans mes albums. Avec mon dessin, je ne suis jamais dans le trash, donc j’aimerai bien faire à chaque fois des choses tout public, où chacun trouve la strate de lecture qui lui est dédiée.

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