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Albator et Astro revus par la génération Récré A2 !

40 années que Goldorak puis Albator firent leur apparition dans nos télévisions. Du haut de ses vingt ans, la Japan Expo rend hommage à ces héros qui ont marqué plusieurs générations d’enfants et donc à présent de créateurs. Rien de surprenant à des auteurs de BD franco-belge s’emparer de série mythiques sous la houlette de Shibuya Productions et Michel Lafon. Sahé Cibot, directrice de collection et Jean-David Morvan, scénariste, lèvent le voile sur ce qui se prépare.

« Proposer une véritable collaboration entre Européens et Japonais, du contenu original autour de licences phares du manga, ça a tout de suite été notre envie. » Sahé Cibot affiche clairement les ambitions du partenariat entre Shibuya Productions et Michel Lafon.

En mars dernier, l’annonce de la sortie de deux titres frappait fort : Astro par Jean-David Morvan, scénariste de Sillage, et Gérald Parel ; et Albator par Didier et Lyse Tarquin, duo graphique de Lanfeust Odyssey. « Leiji Matsumoto et Didier Tarquin vont réellement travailler ensemble sur cette création. On cherche une vraie collaboration entre les artistes, pas seulement de la vente de droits. De même, Makoto Tezuka, fils d’Osamu Tezuka, scrute avec rigueur le développement de notre Astro avec de vrais retours constructifs à la clé. » ajoute la directrice de collection.

« Ne faites pas ce qui a déjà été fait »

« Makoto Tezuka a été très clair » complète Jean-David Morvan « il nous a dit : « mon père a toujours fait original, ne faites pas ce qui a déjà été fait ». » De fait, le scénariste a décidé de s’approprier le personnage qu’il connait par cœur. « En 2010, je travaillais déjà sur une exposition-hommage par des artistes internationaux à Tezuka, pour le Japon. Alors quand Cédric [fondateur de Shibuya Productions N. D. L. R.] est venu me proposer le projet, je n’ai pas hésité ». Son angle à lui ? Faire grandir Astro et le confronter à un univers de SF mâtiné de Japon post 1945. « J’ai été marqué par le livre Tokyo année zéro, de David Peace. Ce Japon occupé, meurtri, c’est une ambiance incroyable dont j’ai immédiatement voulu me servir. Astro est confronté à une guerre humains-robots qui ne le laissera pas indemne. »

© TEZUKA PRODUCTIONS / Jean-David Morvan, Gerald Parel, Guillaume Martinez
© Leiji Matsumoto 2018

Figure marquante du manga jeunesse, la création d’Osamu Tezuka s’adresse ici aux adultes, ceux qui ont grandi avec Astro. « Mais c’est une erreur de croire que Tezuka est un auteur jeunesse. C’est un auteur qui parle aux enfants de problématiques d’adultes. Et c’est ça que les enfants veulent lire. Ils veulent grandir par l’imaginaire. L’évolution du personnage que je propose entre parfaitement dans l’esprit de Tezuka. Mais là, on parlera d’adolescence, de rébellion et moins d’enfance. »

Le temps de la création

© sefa event

Après une telle présentation, on ne peut qu’attendre impatiemment cette histoire. « Nous misons sur une sortie au premier semestre 2020 pour Astro » assure Sahé Cibot. « Nous espérons sortir un titre surprise pour l’automne suivant. Le projet de Didier et Lyse Tarquin suivra, une fois que le deuxième tome d’UCC Dolores aura été terminé. » Morvan et Parel (assistés par Guillaume Martinez aux story-boards et aux décors) sont déjà bien avancés. Le scénario du premier tome est écrit et le dessin bien avancé. « Mais on se réserve encore la possibilité de formats différents, donc ça peut encore évoluer. » tempère Jean-David Morvan. Les délais de parution s’expliquent surtout par la complexité du processus éditorial. « Je me vois un peu comme une cheffe d’orchestre » déclare Sahé Cibot « il y a tellement de monde impliqué, sur deux continents, que les validations prennent du temps. Mais on ne peut pas demander aux Japonais de s’impliquer et exiger une rapidité de réalisation. Alors ça nous convient parfaitement. »

Quitte à laisser la concurrence prendre de l’avance ? Kana arrive dès cette Japan Expo avec Mémoires de l’Arcadia, œuvre de Jérôme Alquié, annoncée elle aussi sous la houlette de Matsumoto. « Je ne suis pas inquiète » rétorque l’éditrice « parce que notre démarche n’est pas la même. Nous, nous voulons permettre aux auteurs européens de recréer ces personnages dans des œuvres qui leur ressemblent et qui leur permettent de montrer en quoi ces mangas ont marqué leur imaginaire. Il y aura de la place pour les deux propositions. »

Article publié dans le magazine Zoo n°72, en librairie le 9 juillet.

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