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Philéas: L'art de l'adaptation de romans

Auteur(s) :
Turalo

La jeune maison d’édition Philéas a lancé en octobre, la veille du second confinement, ses premières bandes dessinées avec Gravé dans le Sable et le premier tome de Syndrome[E]. Cette nouvelle entité propose majoritairement des adaptations d'œuvres littéraires cultes. Un catalogue que nous fait découvrir Éric Dérian, responsable d’édition.

Pouvez-vous nous présenter Philéas?

Éric Dérian: Philéas c’est la rencontre de deux structures, deux groupes éditoriaux, le groupe Editis et les éditions Jungle. Ils se sont retrouvés dans ce projet de catalogue essentiellement tourné sur l’adaptation de roman. Philéas proposera également des créations originales. C’est une jeune maison d’édition, mais aussi une maison d’édition jeune d’esprit!

Pourquoi ce choix de l’adaptation de roman?

É.D: L’adaptation en BD est un genre émergent depuis plusieurs années. Il y a eu de nombreux succès. Le groupe Editis a dû se dire: «pourquoi vendre nos droits à des maisons qui font des succès en librairie alors que l’on pourrait les éditer nous-même?» Ce ne sont pas les seuls à avoir eu le même raisonnement. Attention, les fours existent, ce ne sont pas automatiquement des best-sellers garantis. Mais c’est un genre qui n’a pas l’air de désemplir aujourd’hui.

© Philéas

La réussite du roman, influence-t-elle l'intérêt des lecteurs pour l’adaptation?

É.D: Nous n’avons pas encore assez de recul sur notre production pour l’instant pour répondre à ce questionnement. À titre personnel, je ne suis pas persuadé qu'une personne ayant aimé le roman sera automatiquement intéressée par son adaptation en bande dessinée. Je ne suis pas sûr que les lectorats de romans et de BD soient identiques. On travaille essentiellement pour des gens qui aiment le neuvième art et qui n'ont pas assez de temps pour lire un long roman. Mon but est de permettre à l’auteur de s'emparer d’un récit pour en faire, d’abord un bon livre bande dessinée.

Est-ce compliqué de faire accepter à un duo d'auteurs qu’ils vont devoir respecter les bases d’une œuvre déjà écrite?

É.D: Ça demande beaucoup de temps. Il faut beaucoup échanger, faire le tri entre les envies et les pulsions de certains auteurs pour rester dans le cadre d’une adaptation. La liberté reste soumise aux autorisations données par les écrivains d’origine ou des ayants droit proches d’eux. On a les deux extrémités. Certains vont être enchantés de découvrir leur récit transformé, d’autres préfèrent voir une adaptation littérale de leur œuvre. Il faut bien expertiser les volontés des artistes d’origines et les étincelles de nos auteurs de BD. Une fois que les projets et les ambitions s’entendent, résonnent, on peut commencer à travailler.

© Philéas

Quels sont les projets à venir du catalogue?

É.D: On est sur un projet d’une quinzaine de nouveautés par an comme fixé dès le départ. Vous pouvez ajouter à ce chiffre les suites de séries engagées comme Syndrome [E]. On devrait atteindre près d’une vingtaine d’albums par an. Tout déjà projeté jusqu’en 2024 pratiquement. De très beaux ouvrages vont paraître cette année: L’île des oubliés, de Roger Seiter et Fred Vervisch d’après Victoria Hislop pour prolonger les vacances des gens, Gataca de Sylvain Runberg et Luc Brahy d’après le roman de Frank Thilliez. Richard Guérineau est en train de faire un travail formidable avec Fabrice Colin pour adapter le récit de R.J Ellory: Seul le silence. Les lecteurs pourront découvrir les premières aventures de Victor Legris, un genre de Sherlock Holmes français, il y a 12 romans de Claude Izner à adapter! À noter la parution prochaine du premier projet original de BD de Marc Levy pour lequel il est fortement investi: L’agence des invisibles avec Espé et Sylvain Runberg.

Les Déracinés et Autobiographie d'une Courgette, édité par Philéas, connaissent un véritable succès depuis ce début d’année, 2021. Deux ouvrages qui marquent un véritable départ pour la jeune maison d’édition en 2021.

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