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L'Arabe du futur est une œuvre-monde

Caroline Broué, femme de radio, est la commissaire de l’exposition dédiée à L’Arabe du futur de Riad Sattouf. Cette expo sur ce qu’elle appelle « une œuvre-monde », elle l’a voulue vivante et interactive. Entretien.

Quelle est l’idée de départ de cette expo ?

Caroline Broué : J’ai voulu me concentrer sur L’Arabe du futur, car c’est l’œuvre la plus vendue de Riad Sattouf. Elle a touché un large public, bien au-delà de la BD : tous les âges, tous les horizons. Il a fallu définir un angle : ce que j’ai voulu montrer, c’est une œuvre-monde, à la fois gigogne et qui parle du monde extérieur, mais aussi du monde intérieur. Je me suis demandé pourquoi cette bande dessinée avait eu un tel succès. On peut la lire de différentes façons. J’ai donc demandé à des personnalités de me donner leur avis : il y a le « jeune acteur » Vincent Lacoste et l’écrivaine Leïla Slimani pour les plus connus, mais aussi la sociologue Monique Dagnaud, les historiens Pascal Ory et Leyla Dakhli...

Riad Sattouf : L'Arabe du futur est une œuvre-monde

© Riad Sattouf

Comment a ensuite été montée l’expo ?

C. B. : En trois grandes phases. La première est une invitation à lire cette œuvre avec les yeux du monde. C’est la dimension géopolitique et culturelle d’où vient Riad Sattouf : la Syrie et la Bretagne des années 1970 à 1990. L’Arabe du futur a beau être une œuvre centrée sur lui, il nous donne aussi à voir le monde à travers ses yeux. Dans la deuxième phase, on entre dans sa chambre d’ado. L’ambiance est psychédélique. C’est à la fois chrono­logique et thématique. On entre donc dans la tête de Riad Sattouf, puis on sort adulte de la chambre. C’est le passage du statut d’enfant à adulte, de rêveur à dessinateur professionnel et du monde extérieur au monde intérieur. La troisième phase est le processus de création et de fabrication de la série : comment il s’est inspiré de différentes œuvres, ses influences. En sortant de la chambre, on arrive dans un petit couloir recouvert des BD phares des années 2000.

Peut-on parler d’immersion ?

C. B. : Oui, complètement. J’ai voulu cette expo très vivante et immersive : je veux qu’on plonge dedans. Il y a aussi des objets et des photos, notamment de Syrie, mais aussi les sons et vidéos des personnalités qui parlent de L’Arabe du futur. Comme son succès dépasse la BD et l’auteur, j’ai voulu aller au-delà.

Article publié dans le Mag ZOO N°96 Janvier-Février 2024

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