Presque dix ans après la sortie de Dans la combi de Thomas Pesquet, Marion Montaigne revient sur les coulisses de création de son best-seller (vendu à 570 000 exemplaires). L’autrice a suivi le spationaute français, des États-Unis au Kazakhstan, en passant par la Russie. Une aventure pleine de rebondissements intitulée Space Montaigne !
Pourquoi faire cet album « coulisses » ?
Marion Montaigne : J’en avais envie dès la sortie de Dans la combi de Thomas Pesquet. Je voulais écrire sur toutes les situations folles que j’ai vécues en suivant Thomas… Certains penseront que c’est par facilité, que je veux surfer sur cet ancien best-seller, mais ce n’est pas le cas. D’ailleurs, je ne pourrai sûrement pas refaire un tel album. D’autres personnalités m’ont demandé de faire leur propre « Dans la combi de… », mais ils ne se doutent pas de ce que cela impliquerait pour eux !

Extrait de Space Montaigne par Marion Montaigne © Charivari, 2026
Ce fut des « montagnes russes » pour vous ?
M. M. : Je reviens de loin ! J’ai eu beaucoup de problèmes d’anxiété, un passage aux urgences, une perte de 5 kg, le tout entre Baïkonour, Houston, Moscou et Paris ! C’était amusant de montrer le contraste entre mon expérience de petite anxieuse ouin-ouin et celle de Thomas, imperturbable en toute circonstance.
On cherche à communiquer avec des extraterrestres, mais il faudrait déjà qu’on arrive à comprendre comment fonctionne une personne qui n’a pas du tout la même personnalité que nous ! Et puis, j’ai aussi découvert ce qu’était le métier d’astronaute. Et ça fait peur. C’est pour ça que ça me fascine !

Un parcours aux montagnes russes dans Space Montaigne © Charivari, 2026
Thomas Pesquet vous a-t-il toujours laissé carte blanche ?
M. M. : Oui, et il m’a toujours emmenée partout ! Au début, j’étais parano : « Il doit se servir de moi pour faire sa com’… » Mais, malgré son rôle de représentation de la NASA, il m’a toujours encouragée à ne pas me censurer. Pour autant, je lui ai fait relire Dans la combi de Thomas Pesquet et Space Montaigne, parce que je suis reconnaissante quand des chercheurs me laissent entrer dans leur univers et le critiquer. Et puis, c’est aussi une question de respect.

Space Montaigne signé Marion Montaigne © Charivari, 2026
Vous parlez aussi de votre métier…
M. M. : Cet album ne parle pas tant d’astronautes que de création de BD. Étudiante, j’ai baigné dans L’Association et je racontais beaucoup ma vie en BD. Puis, lorsque j’ai fait mon blog (Tu mourras moins bête), j’avais la trouille de me mettre en avant. Avec Nos mondes perdus, j’ai essayé de parler davantage de moi. Ici, je passe, avec craintes, à l’autobiographie. C’est un atout de pouvoir parler de ses faiblesses, de ses peurs… Un astronaute n’en a pas le droit. Un auteur de BD le peut, même s’il ne va pas dans l’espace ! Car « aussi haut que l’on soit placé, on n’est jamais assis que sur son petit cul, perdu dans l’immensité cosmique… »
Article publié dans ZOO Le Mag N°110 Mai-Juin 2026
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