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Métal Hurlant et (A suivre) ou l'âge d'or d'une BD révolutionnaire

1975. La BD sort de ses carcans. Métal Hurlant, revue des Humanoïdes Associés, ouvre la voie à la science-fiction. 1978. Casterman lance (A suivre), l'arrivée en force de la bande dessinée dans la littérature. Une extraordinaire expo sur ces deux revues qui ont révolutionné le neuvième art, composée de 350 planches originales, est présentée au Fonds Hélène & Edouard Leclerc pour l'art contemporain de Landerneau. Avant de voyager à Angoulême.

Métal Hurlant (1975-1987) explose les codes de la science-fiction

Un groupe de rock... graphique

Métal Hurlan, première revue de science-fiction

La couverture du premier tome donnait
déjà le ton !

« On était une bande de dingues […] On était un groupe de rock. Un groupe de rock graphique.» En une phrase bien sentie, le génial Philippe Druillet, un des pionniers de la science-fiction dans la bande dessinée française, en dit long sur l'aventure Métal Hurlant. Nous sommes en 1975 et lui, comme plusieurs autres auteurs, se sent enfermé dans les périodiques BD de l'époque. En particulier dans Pilote, aux manettes duquel officie René Goscinny. A cette époque, avant de devenir les albums que l'on connaît désormais, la bande dessinée est d'abord pré-publiée dans des revues.

Mai 68 est passé par là. Une folle envie débridée de liberté flotte dans l'air et dans l'art. La BD se dessine comme le genre idéal pour faire exploser les codes, brûler le déjà-vu. L'imagination au pouvoir est dans la case, la révolution culturelle en route. Scénaristes et dessinateurs n'ont qu'un objectif : tout dessiner, tout raconter. La presse papier est le premier diffuseur de BD. Ça n'échappe ni à France-Soir, ni au Journal de Mickey, pour ne citer qu'eux.

L'époque change, le ton aussi. Trois ans avant, en 1972, la maison d'édition Futuropolis a vu le jour sous la houlette d'Etienne Robial et Florence Cestac. Elle donne naissance à une BD libre et décomplexée, qui sort comme jamais encore des sentiers battus pour emprunter les chemins de traverses les plus sinueux. Philippe Druillet, Jean-Pierre Dionnet, Moebius (Jean Giraud) et Bernard Farkas, cofondent Métal Hurlant.

Doux dingues aux crayons affûtés

Bilal dévoile son talent dans Métal Hurlant

Exterminateur 17, prépublié dans
Metal Hurlant

Dans les pages de cette revue, résultat des folies graphiques conjuguées de ses auteurs, naissent des planches qui, sans le savoir, feront bientôt référence. On y trouve les œuvres monumentales de Druillet comme La Nuit, BD titanesque et thérapeutique dédiée à sa compagne disparue. Ou Salammbô, adaptation de Flaubert inspirée du style Gustave Doré.

C’est aussi dans ces pages que naît Lucien, personnage rock’n’roll et farfelu à la mythique banane signé Franck Margerin. Citons encore Arzach, performance intergalactique de l’immense Moebius, Serge Clerc et sa ligne qui l’est tout autant dans Phil Perfect, l’engagement à l’extrême-gauche et féministe de l’auteure rouge Chantal Montellier. Enfin, impossible de ne pas mentionner Exterminateur 17 d'Enki Bilal, aux crayons et aux couleurs déjà bien affûtés.

La liberté est totale, la transgression permanente, les finances bancales. Le journal coule et se relance à plusieurs reprises. La gestion est compliquée, la caisse disparaît plusieurs fois et les numéros spéciaux, les hors-séries, peinent à repêcher un magazine dont la cible principale reste un public très initié.

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