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Virée dans le surnaturel avec Elizabeth Holleville

Date : 26/09/2016

Lieu : Paris

Fans d’X-Files et du cinéma de David Lynch, plongez dans l’imaginaire d’Elizabeth Holleville ! Portrait de cette auteure, mélangeant avec brio récits de vie à l’atmosphère haletante du fantastique.

Une envie bouillonnante de dessiner

Au-delà des classiques dimensions où l’homme projette ses pas, il en est une où Elizabeth Holleville laisse échapper ses passions les plus folles. Une zone ancrée sur notre planète, où l’imagination la fait basculer vers la bande dessinée. Une zone qu’elle ne quitte jamais, ni après ses premiers gribouillis en primaire, ni lors de ses choix d’orientation au lycée : « Au début, j’hésitais à m’engager sur la voie artistique, qui n’est pas forcément la plus sûre » raconte Elizabeth en ajoutant « mais l’enseignement général m’ennuyait tellement, que j’ai suivi mon instinct, quitte à faire des petits boulots alimentaires en conséquence ! »

Si Elizabeth était un animal, elle serait un chien ; si elle devait prendre un modèle, la dame du radiateur, d'Eraserhead !

Si Elizabeth était un animal, elle serait un chien ; si elle devait prendre un modèle, la dame du radiateur, du film Eraserhead !

C’est avec cette détermination qu’elle se laisse propulser dans des études d’illustration à Paris, avant une spécialisation en bande dessinée à Angoulême. Là-bas, les rencontres et les enseignements prodigués enrichissent sa patte artistique, qui s’affirme au gré de croquis et projets. Des créations qu’elle partage régulièrement sur son site, révélant au public son ambition de dessiner l’humanité dans toute sa splendeur ou plutôt dans toute son horreur...

L’imagination est ailleurs

Ce penchant pour l’épouvante et le bizarre, Elizabeth le cultive dès son plus jeune âge, passant en revue les romans Chaire de Poule et les épisodes de la Quatrième Dimension. Des classiques du fantastique qui guident son trait graphique, pétri d’influences de la BD horreur. Charles Burns, Daniel Clowes, les frères Hernandez ou Kazuo Umezu... Ces grands noms du genre lui inspirent ses récits surnaturels teintés de réalité : « J’aime bien reprendre dans mes planches des histoires que des amis me racontent en soirée. Je trouve que certaines sont trop extraordinaires pour avoir été inventées !»

Si Elizabeth était une oeuvre, elle serait la série The X-Files; un souvenir ; les baisers de sa grand-mère.

Si Elizabeth était une oeuvre, elle serait la série The X-Files; un souvenir, les baisers de sa grand-mère.

Une fois mises bout à bout, ces anecdotes deviennent le fil rouge de Trompe-la Mort ou Lulu, des BD dont le parfum d’étrange soulève des questions existentielles, notamment autour de la mort : « Je pense que c’est une peur enfantine, que je n’arrive à exorciser qu’en bande dessinée ! » Une fois un crayon à la main, rien n’empêche cette âme d’enfant d’errer dans les cases de ses BD...

Un soupçon de candeur

« On me reproche souvent d’avoir un trait enfantin » nous confie Elizabeth. Mais cette particularité, la dessinatrice est loin de la considérer comme une tare. Au contraire, elle la porte en étendard et l’entretient à l’occasion d’ateliers de dessin pour enfants qu’elle donne à la sortie des classes : « La liberté avec laquelle ils dessinent a quelque chose de rafraichissant ! Parfois je trouve qu’une esquisse maladroite de girafe est mille fois plus belle qu’une toile réaliste ! » Cette énergie nourrit son imagination, donnant naissance à des illustrations, où des marmots gambadent dans une nature idyllique digne d’une toile Henri Rousseau.

Extrait des Pires Ennemis

Extrait des Pires Ennemis

Fascinée par l’univers jeunesse, Elizabeth y mêle son amour pour la science-fiction et l’étrange. Un curieux cocktail, source de nombreuses idées, notamment une série d’aventures extraterrestres publiée depuis septembre dans le journal Biscoto, ainsi qu’un roman graphique peuplé de fantômes publié chez Glénat en 2018. Avec ces deux projets, la jeune femme compte bien prouver qu’elle est bien partie sur le chemin de l’étrange !

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